Culture
Grand Corps Malade "enslamera" l'Espace Lino Ventura
le 5 février à 20h30
Né il y a plus de 30 ans en Seine-Saint-Denis, Grand Corps Malade, de son vrai nom Fabien Marsaud, a contribué à la mise en lumière
d'un style musical relativement récent : le slam. Il revient avec un nouvel album « 3e temps ».
Garges l'Hebdo : Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire et de slamer ?
Grand Corps Malade : A partir de 15-16 ans, j'écrivais des textes par plaisir. Puis en 2003, j'ai découvert des scènes ouvertes où tout le monde pouvait participer.
Le concept m'a plu : une soirée où tout le monde a sa place, peut prendre la parole dans le style qui lui plaît : des sketches, de la poésie... La première fois que j'ai dit un texte, c'était au café Théranga qui proposait des soirées slam mensuelles. Je ne pensais pas en faire carrière mais au fil des rencontres, le slam a pris sa place dans ma vie.
GH : Vous sortez un troisième album nommé 3e temps (après Midi 20 et Enfant de la ville), qu'avez-vous voulu apporter dans celui-ci ?
GCM : Dans cet album, j'aborde des thèmes nouveaux mais aussi plus personnels comme dans mes textes « Education nationale » ou « J'attends ».
Dans ce dernier, je parle de faits d'actualité que sont le CV anonyme, la déshumanisation de la société. J'observe l'époque dans laquelle nous vivons.
Et puis, je suis papa depuis quelques mois, et je pense que tous les parents peuvent se retrouver dans le texte « Définitivement ».
Musicalement, j'ai voulu que cet album ait des ambiances variées, tantôt sérieuses, puis drôles... J'ai laissé ce soin à un grand monsieur, concepteur
musical de génie, Dominique Blanc-Francard.
GH : Dans cet album, vous collaborez avec de grands artistes comme Charles Aznavour et la chanteuse lyrique Elise Oudin-Gilles...
GCM : Je continue de me faire plaisir donc je me suis dis pourquoi pas mêler le slam avec le chant lyrique ? C'est un accord inattendu.
Il y a deux-trois ans, j'avais croisé Charles Aznavour et nous avions évoqué l'idée d'un duo. Cela s'est fait pour cet album et j'ai eu un double honneur : croiser le micro avec une légende et écrire son texte !
GH : Pouvez-vous nous parler de vos influences ?
GCM : J'aime avant tout les histoires et les conteurs français, peu importe le style. J'ai beaucoup écouté du rap français avec des artistes comme NTM, IAM, Oxmo Puccino, Kery James et aussi des chanteurs de musique populaire tels Brassens, Renaud et Brel.
GH : Vos projets pour 2011 ?
GCM : Je serais en tournée toute l'année, plus de 100 concerts en France, au Canada, en Belgique, en Suisse et peut-être en Afrique.
C'est quoi le slam ?
« Il y a évidemment autant de définitions du slam qu’il y a de slameurs et de spectateurs des scènes slam. Pourtant il existe, paraît-il, quelques règles, quelques codes :
- les textes doivent être dits a cappella ("sinon c’est plus du slam" ?)
- les textes ne doivent pas excéder 3 minutes (oui mais quand même des fois, c’est 5 minutes…)
- dans les scènes ouvertes, c’est "un texte dit = un verre offert" (sauf quand le patron du bar n’est pas d’accord…)
Bref, loin de toutes ces incertaines certitudes, le slam c’est avant tout une bouche qui donne et des oreilles qui prennent. C’est le moyen le plus facile de partager un texte, donc de partager des émotions et l'envie de jouer avec des mots.
Le slam est peut-être un art, le slam est peutêtre un mouvement, le slam est sûrement un Moment… Un moment d’écoute, un moment de tolérance, un moment de rencontres, un moment de partage.
Enfin bon, moi je dis ça…»
>>>>>>> Grand Corps Malade
Crédit photo : Zuzana Lettrichova
GH : Un dernier mot pour les Gargeois ?
GCM : Je suis très content de venir vous voir, en voisin, de Saint-Denis. C’est un plaisir particulier, nous avons beaucoup de points communs… |